Pompe à chaleur en hiver : givre, dégivrage et grand froid
Du givre sur l'unité extérieure, un nuage de vapeur, un appoint qui se déclenche : ce qui est normal pour une pompe à chaleur en hiver, ce qui ne l'est pas, et les bons réflexes par grand froid.
C’est en hiver qu’une pompe à chaleur travaille le plus, et c’est aussi la saison où elle a le plus de comportements surprenants : givre sur l’unité extérieure, nuage de vapeur, arrêts de quelques minutes. La plupart sont parfaitement normaux. Voici comment les reconnaître, comment l’appareil gère le grand froid et quels réflexes adopter.
L’essentiel
- Un léger givre sur l’unité extérieure, entre 0 et 5 °C par temps humide, est normal : la pompe à chaleur le fait fondre régulièrement.
- Pendant le dégivrage, l’appareil s’interrompt quelques minutes et peut dégager un nuage de vapeur.
- Par grand froid, la puissance baisse et l’appoint peut prendre le relais : c’est prévu par le dimensionnement.
- Un bloc de glace qui persiste, une eau qui gèle sous l’appareil ou un arrêt prolongé doivent en revanche être signalés.
Pourquoi l’unité extérieure se couvre de givre
Pour capter la chaleur de l’air, l’échangeur de l’unité extérieure doit être plus froid que l’air lui-même. Lorsque l’air est humide et proche de 0 °C, l’humidité qu’il contient se dépose sur les ailettes et gèle, exactement comme le givre sur un pare-brise. Ce phénomène est le plus fréquent entre -5 et +5 °C, par temps de brouillard ou de pluie fine : c’est une situation courante des hivers franciliens. Par froid sec et intense, il y a souvent moins de givre, car l’air contient moins d’eau.
Le principe de captage est détaillé dans notre article comment fonctionne une pompe à chaleur air/eau.
Le dégivrage : un fonctionnement normal
Une couche de givre trop épaisse empêcherait l’air de traverser l’échangeur. La régulation déclenche donc régulièrement un cycle de dégivrage : la pompe à chaleur inverse brièvement son fonctionnement pour envoyer de la chaleur dans l’unité extérieure et faire fondre la glace.
Pendant ces quelques minutes, vous pouvez remarquer :
- l’arrêt du ventilateur de l’unité extérieure ;
- un « clac » au basculement de la vanne, puis un léger souffle ;
- un nuage de vapeur qui s’échappe de l’appareil, souvent pris à tort pour de la fumée ;
- de l’eau qui s’écoule sous l’unité ;
- sur une climatisation réversible, un arrêt temporaire du soufflage d’air chaud.
Tout cela est normal. Les bruits habituels et inhabituels sont décrits dans notre article pompe à chaleur qui fonctionne mal ou fait du bruit.
Ce qui doit vous alerter
- Un bloc de glace qui ne disparaît pas et s’épaissit d’un jour à l’autre : défaut de dégivrage, de ventilation ou de charge en fluide.
- Une plaque de glace sous l’appareil qui finit par toucher l’unité : l’eau de dégivrage ne s’évacue pas correctement.
- Des cycles de dégivrage très rapprochés, toutes les quelques minutes, avec une baisse nette du confort.
- Un arrêt complet avec un code erreur qui revient.
Dans ces cas, coupez l’appareil si de la glace touche le ventilateur, ne tentez jamais de casser la glace avec un outil, et faites intervenir un technicien.
Par grand froid : puissance, rendement et appoint
Plus l’air est froid, plus la pompe à chaleur doit travailler pour en extraire la chaleur. Sa puissance disponible diminue et son rendement baisse, au moment même où la maison en demande le plus. C’est pourquoi l’installation est dimensionnée sur une température de référence propre à la région, et complétée par un appoint, souvent une résistance électrique, qui prend le relais lors des journées les plus froides. Nous expliquons ce calcul dans l’article quelle puissance de pompe à chaleur choisir.
En Île-de-France, ces journées très froides restent peu nombreuses. À titre d’exemple, les données climatiques que nous publions pour la pompe à chaleur à Ris-Orangis font état d’environ 33 jours de gel par an en moyenne : l’appoint ne devrait fonctionner qu’une petite partie de ces journées. S’il tourne souvent, c’est le signe d’un réglage ou d’un dimensionnement à revoir.
Il est normal, en revanche, que la consommation augmente nettement pendant les mois froids. Nous en détaillons les raisons dans l’article quelle température régler sur une pompe à chaleur.
Neige, vent et feuilles : protéger l’unité extérieure
- Surélévation : l’unité doit être posée sur des plots ou des supports, à une hauteur suffisante pour ne pas être prise dans la neige ni dans l’eau de fonte.
- Dégagement : après une chute de neige, dégagez doucement les abords et la grille d’aspiration, sans outil tranchant.
- Abri : un auvent ouvert sur les côtés protège de la neige, à condition de ne pas gêner la circulation de l’air.
- Évacuation des condensats : l’eau de dégivrage doit pouvoir s’écouler sans geler sur une allée ou une terrasse.
Ces points se décident dès l’installation : voir notre article où installer l’unité extérieure.
Le risque de gel du circuit d’eau
Sur une pompe à chaleur air/eau monobloc, de l’eau circule dans l’unité extérieure. Elle est protégée du gel par la régulation, qui fait circuler l’eau quand il gèle, et selon les installations par de l’eau glycolée ou des vannes antigel. Ne coupez donc jamais l’alimentation électrique d’une pompe à chaleur monobloc en plein hiver, même en cas d’absence prolongée : utilisez plutôt le mode hors-gel. Après une coupure de courant prolongée par grand froid, faites vérifier l’installation si elle ne redémarre pas normalement.
La surveillance de la pression du circuit est détaillée dans notre article pression du circuit de chauffage.
Les bons réflexes en hiver
- Gardez une consigne stable plutôt que de grandes variations, qui sollicitent l’appoint.
- Ne coupez pas l’appareil en votre absence : passez en mode éco ou hors-gel.
- Dégagez l’unité extérieure après la neige et à l’automne, quand tombent les feuilles.
- Laissez le dégivrage se faire sans intervenir.
- Faites entretenir l’appareil avant l’hiver : un échangeur propre et une charge de fluide correcte givrent moins.
Un comportement vous inquiète cet hiver ? Nos techniciens interviennent pour l’entretien et le dépannage des pompes à chaleur en Île-de-France. Contactez-nous.
Article rédigé par l'équipe technique de Confiance Énergie, installateur de pompes à chaleur (qualifié RGE QualiPAC) et de climatisations basé à Ris-Orangis, à partir de notre expérience de terrain. Nos techniciens interviennent dans toute l'Île-de-France : retrouvez nos zones d'intervention et les avis de nos clients.